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Accueil du site / Force Ouvrière / Confédération / MILITER PLUS POUR GAGNER PLUS

Plus le temps passe, plus la « réforme » des régimes spéciaux apparaît pour ce qu’elle est réellement : une réforme idéologique avec comme symbole martelé, le passage de 37,5 années de cotisation à 40 années pour des raisons dites d’équité.

Tout le monde notera que l’utilisation du terme d’équité ne s’applique, du côté des pouvoirs publics, que sur ce point particulier. Car s’agissant de la fiscalité, des salaires, de la répartition de la valeur ajoutée entre capital et travail, des contrats de travail, l’équité est aux abonnés absents. De fait, ce qui règne c’est plutôt l’accroissement important des inégalités. Rappelons, par exemple, que les 10% des plus riches possèdent 47% du capital quand la moitié la moins riche de la population n’en possède que 7% !

Le maintien par les pouvoirs publics de préalables à la négociation dans les entreprises, le double discours entre le gouvernement et ces mêmes entreprises conduisent ainsi la quasi-totalité des syndicats à appeler à la grève. Cette dichotomie explique d’ailleurs pourquoi les cheminots comme les agents de la RATP demandent une réunion avec le ministre du travail et leur direction d’entreprise.

Déjà l’UMP, aux dires mêmes de l’un de ses vice-présidents (M. Raffarin), se prépare à se faire le porte-parole de la majorité silencieuse « prise en otage » par les grévistes.

La stigmatisation n’est pas signe de démocratie, elle est même de mauvais augure car elle génère toujours des effets boomerang. Mais surtout, confondre la grève avec une prise d’otages, c’est un mépris pour l’ensemble des travailleurs. Nous viendrait-il à l’idée de dire, par exemple, que sur le pouvoir d’achat les travailleurs du public et du privé sont pris en otages, par les pouvoirs publics liés aux grands patrons du CAC 40 ?

Alors pourquoi tant d’insistance et de précipitation dans le dossier des régimes spéciaux ?

Pour deux raisons :

- La première est que le gouvernement en fait le sésame pour d’autres « réformes ».

- La seconde est qu’il veut boucler le dossier avant d’aborder celui des retraites en 2008.

D’ores et déjà dans la note du ministre du Travail, il est précisé que « la durée de cotisation aura ensuite vocation à évoluer comme dans le régime de la fonction publique », à savoir 41 puis 42 ans, ce qui est, pour Force Ouvrière, inacceptable.

Pour toutes ces raisons, nous soutenons nos fédérations concernées, tout comme nous soutenons les fonctionnaires qui seront dans l’action le 20 novembre.

Le président de la République a une conception sélective de ses promesses. Ainsi sur le pouvoir d’achat, c’est rien, trois fois rien.

Alors au slogan « travailler plus pour gagner plus », opposons : « militer plus pour gagner plus ».