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Accueil du site / Force Ouvrière / Confédération / LA GRÈVE CONTINUE DANS LES TRANSPORTS PUBLICS

[|[*A la SNCF et à la RATP, les assemblées générales reconduisent depuis mercredi le mouvement. Les syndicats ont appelé les agents à maintenir la pression et demandé au gouvernement d’ouvrir des négociations sans préalables.*]|]

A la SNCF, la grève pour la défense des régimes spéciaux de retraite a été reconduite à une très forte majorité dans la plupart des assemblées générales (AG) organisées jeudi. La grève va donc se poursuivre aujourd’hui et elle n’est pas sur le point de s’arrêter. Sept fédérations syndicales de cheminots – FO, CFDT, CFTC, CGT, CGC, et deux autonomes – ont appelé en effet les AG de cheminots qui se tiendront vendredi à « reconduire le mouvement de grève pour 24 heures ». Par ailleurs, les syndicats FO, CFDT, CFTC, CGT, CGC, et autonomes ont exigé du ministre du Travail, Xavier Bertrand, la tenue, « dès vendredi », d’une réunion tripartite pour qu’il précise le contenu des négociations dans chacune des entreprises visée par la réforme (SNCF, RATP, EDF et GDF). Ils veulent obtenir du gouvernement qu’il détaille le cadre et le calendrier de ces négociations annoncées mercredi soir. Réponse du ministre sur France-3 : « on ne peut pas avoir et la grève et les négociations d’entreprise en même temps (…). Il faut que le conflit s’arrête ! ». Sans dire s’il acceptait ou non d’organiser aujourd’hui cette réunion au ministère, il a lancé : « on a plus à gagner à se mettre autour d’une table qu’à rester dans un conflit » qui « ne peut pas permettre de trouver une solution ». Pas de quoi calmer les esprits.

Pour l’heure, le gouvernement entend rester sur sa position exprimée dans une « lettre de méthode » envoyée mercredi aux syndicats et où il a accepté des négociations entreprise par entreprise avec « la participation d’un ou (de) représentants de l’Etat ». Des négociations sous conditions. « Les propositions concrètes des directions comme des organisations syndicales permettant d’améliorer la situation des agents » seront « naturellement examinées » dans « chaque régime spécial » mais « dans le respect des principes d’harmonisation » entre les régimes spéciaux et le régime de retraite de la fonction publique. Ces « principes d’harmonisation » sont le passage de 37,5 à 40 annuités de cotisation, l’indexation des pensions sur les prix au lieu des salaires et l’instauration d’une décote sur les pensions (abattement plus que proportionnel par trimestre de cotisation manquant). Or, comme l’a souligné le leader de la confédération FO, Jean-Claude Mailly, « tout doit être sur la table. On ne peut pas dire "on va ouvrir une négociation, mais ça, ça ne se discute pas" ».

Pour Didier Le Reste (CGT cheminots), ce n’est pas non plus « la peine d’ouvrir des négociations si on pose des préalables ». Eric Falempin (FO cheminots) a déclaré, « nous voulons savoir qu’est-ce qu’il y a dans le panier des négociations, et tant que le gouvernement n’a pas ouvert les discussions nous voyons mal comment le savoir ». Et, selon les syndicats, il est temps de connaître ce qui sera mis sur la table. Car « c’est ce que la base demande », a expliqué Alain Pottier, (CTFC cheminots), pour qui « on ne peut pas sortir d’un mouvement d’une telle importance comme ça, sous prétexte qu’on a un petit courrier qui nous invite à négocier ». D’ailleurs, cette « lettre de méthode a été analysée par les AG, qui ont en conclu que les cheminots ne peuvent s’en contenter », a observé Eric Falempin (FO). « En tout état de cause, ce sont les cheminots dans les assemblées générales qui décideront de la suite à donner à l’action », ont insisté les sept fédérations de la SNCF.

Même son de cloche à la RATP où quatre syndicats (FO, CGT et deux autonomes) appellent à la poursuivre la grève. « On fonctionne 24 heures par 24 heures en AG et comme on n’a toujours pas eu d’avancées, il risque de ne pas y avoir d’évolution », a indiqué ainsi Didier Larrigaldie (FO). Preuve par la base, sur les lignes de la RATP et à la SNCF, le trafic est très sérieusement perturbé depuis mercredi. Si la position du gouvernement n’évolue pas, il risque d’être réduit à guetter des trains… qui ne passeront pas.