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Accueil du site / Force Ouvrière / Confédération / QUELLES MARGES DE MANŒUVRE POUR LA NÉGOCIATION ?

La question taraude le gouvernement : comment sortir du conflit ? Il est prêt à chapeauter des négociations au niveau de chaque entreprise visée par sa réforme. Les syndicats y sont disposés, à condition que le pouvoir donne du grain à moudre.

La grève pour la défense des régimes spéciaux s’annonçait très forte. Elle l’est, en particulier dans les transports, où le trafic tourne au ralenti depuis ce matin sur l’ensemble des réseaux de la SNCF (1 train sur 5 en moyenne, selon la direction) et de la RATP (1 métro sur 5 et environ 15% de bus, selon la direction). Un rapport de force qui semble faire réfléchir le gouvernement.

Avec le président Nicolas Sarkozy, « notre obsession c’est que les usagers soient pénalisés le moins longtemps possible par cette grève », a dit hier le Premier ministre au 20 heures de TF1. C’est pourquoi, a-t-il assuré, « le gouvernement fait tout pour éviter qu’il y ait une grève » et « une crise », avant d’afficher une certaine ouverture au dialogue. C’est au ministre du Travail que revient de mettre de créer les conditions de ce dialogue avec les organisations syndicales. Après la CGT mardi, il a reçu ce matin tour à tour des délégations de la CFDT, de la CFTC, de FO et de la CGC composées des représentants des fédérations des entreprises visées par la réforme. Pour les syndicats, la sortie du conflit ne sera possible que par de vraies négociations avec toutes les parties prenantes du dossier.

Une « négociation pour chaque régime spécial, avec la présence des entreprises, des syndicats et d’un représentant de l’Etat », a proposé hier le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault qui, jusque là réclamait (seul) une négociation nationale et globale. Aucune organisation syndicale n’est contre cette nouvelle proposition. « Nous ne sommes pas en opposition avec la proposition formulée mardi par la CGT, nous ne voulions pas de grande messe » comme le demandait initialement la centrale cégétiste, a déclaré Bernard Devy, qui conduisait la délégation FO au ministère.

Reste qu’il faut donner maintenant du contenu à ces négociations par entreprises (SNCF, RATP, EDF, GDF…) sous l’égide de l’Etat, que le gouvernement a acceptées. Le ministre du Travail devrait « envoyer dans les prochaines heures "une lettre de proposition de méthode" aux syndicats pour trouver « une issue », a annoncé l’Elysée. Bernard Devy (FO) attend surtout maintenant que « le gouvernement apporte un peu de souplesse dans la discussion et la négociation », contrairement « à la brutalité de la lettre de cadrage » du 10 octobre. « Nous attendons précisément un geste fort pour ouvrir suffisamment les portes afin de sortir par le haut de cette crise », a encore indiqué Bernard Devy, avant de souligner que « ce qui bloque c’est que les salariés ont l’impression que la négociation est fermée » sur la durée de cotisation, le problème de la décote et le futur mode d’indexation des retraites sur les prix au lieu des salaires.

Reçues juste avant FO, la CFDT et la CFTC ont également affirmé attendre de l’Etat qu’il donne des marges de manœuvre à ces prochaines négociations en modifiant le cadrage initial de la réforme. Il appartiendra ensuite à chaque syndicat d’estimer l’importance du ou des gestes du gouvernement sachant que tous n’ont pas la même appréciation sur les paramètres de la réforme. Et in fine, ce seront les salariés concernés qui décideront en assemblée générale de poursuivre ou non leur grève.

« Le fait que le gouvernement soit prêt à des négociations d’entreprise est un signe favorable, mais je ne prendrai pas d’engagements sur la fin ou non du conflit » a souligné Bernard Devy. Il a prévenu qu’« on ne peut arrêter une grève d’un coup de baguette magique ». C’est la raison pour laquelle, souligne-t-il, « il serait bon que le gouvernement lève ses préalables pour engager sereinement des discussions ». En attendant, dans les assemblées générales des entreprises de transport, l’heure est surtout à la reconduction du mouvement. Pour demain, à la SNCF comme à la RATP, les directions prévoient d’ores et déjà un trafic au moins aussi perturbé qu’aujourd’hui.