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Accueil du site / Force Ouvrière / Confédération / Rencontre au Ministère du travail le 26 oct et grève du 18 oct.

Aux médias, le ministre du travail affirme qu’il est tout à fait disposé à négocier sur la réforme des régimes spéciaux. Devant les syndicats, c’est : « circulez, il n’y à rien à voir ».

Devant un micro de radio ou d’une chaîne de télé, pas un jour ne se passe sans que le gouvernement ne joue la partition du dialogue ou de la négociation avec les syndicats. Et ce, quel que soit le dossier du moment. Mais, devant ses interlocuteurs, c’est à chaque fois un autre refrain qu’il entonne. Prenez les régimes spéciaux de retraite.

Le ministre du Travail Xavier Bertrand a expliqué la semaine dernière en long, en large et en travers que les syndicats avaient « plus à gagner dans la négociation que dans le conflit » et que le gouvernement était prêt à « répondre à l’inquiétude des agents » sur le montant des pensions, le choix des conditions et de l’âge du départ à la retraite.

C’était sur France Inter lundi dernier, soit trois jours après la grève historique du 18 octobre et deux jours avant qu’il n’entame une nouvelle série de rencontres bilatérales avec les organisations syndicales. In fine, à la sortie de ces énièmes rencontres qui se sont terminées vendredi, aucun syndicat n’a perçu une quelconque volonté de M. Bertrand de négocier quoi que ce soit.

« C’est la troisième rencontre avec le ministre et on a l’impression d’être devant une situation de blocage. Il ne nous a rien apporté de nouveau », a déclaré Bernard Devy, secrétaire confédéral de FO, qui attendait que le gouvernement lève les « trois préalables » de son document d’orientation, à savoir la durée de cotisation pour toucher une retraite à taux plein qui doit passer à 40 ans, l’indexation des pensions sur les prix et la décote (réduction plus que proportionnelle de la pension pour ceux qui n’auraient pas cotisé pendant le nombre d’années requises).

Ce qui ferait perdre aux salariés « entre 15 et 20% de leur niveau de pension », a-t-il ajouté. « Il aurait été de bon ton que le ministre nous dise : "j’ai entendu l’inquiétude des agents, voilà mes nouvelles propositions », a regretté Didier Le Reste (CGT) pour qui « le gouvernement a un problème d’audition et de vue et n’a pas pris la mesure de l’ampleur de la grève du 18 ». Selon Jean-Louis Malys (CFDT), « il n’y a pas eu de nouvelles propositions, on attend maintenant que le gouvernement bouge (.. .).

Il faut qu’[il] lève les obstacles et qu’on rentre maintenant dans une vraie négociation ». Jean-Philippe Catanzaro (CFTC) a déclaré de son côté espérer « que le ministre aura bien mesuré l’ampleur de la situation » avant la réunion des intersyndicales de la SNCF, de la RATP, d’EDF et GDF concernées par cette réforme. Lesquelles doivent décider ce jour-là de la date d’une éventuelle mobilisation reconductible à la mi-novembre.

D’ici là, M. Bertrand « reprendra contact avec les organisations syndicales », une fois qu’il aura étudié « leurs propositions », a expliqué le ministère avant de rappeler « que le cadre de la réforme était indispensable » et qu’il était maintenant nécessaire « d’engager des négociations d’entreprise et/ou de branche dans le cadre des paramètres fixés ». Histoire, selon Bernard Devy (FO), de prendre « en étau » les syndicats car « les marges de manœuvre des directions d’entreprises concernées sont pratiquement inexistantes ».

Pour lui, « ce que cherche le gouvernement, c’est à organiser la division entre les salariés ». Justement. La Fédération autonome des agents de conduite (FGAAC) de la SNCF a accepté ainsi de s’engager dans de telles négociations. Défendant les roulants, la FGAAC s’est d’ailleurs déclarée « confortée » dans cette démarche par le ministre du Travail qui lui a assuré que toutes ses propositions seraient prises en compte. Ainsi, en voulant à tout prix mettre l’opinion de son côté par media interposé et diviser les syndicats, le gouvernement estime sans doute avoir « plus à gagner » que dans la négociation.

http://www.force-ouvriere.fr/

Communiqué Force Ouvrière, daté du jeudi 25 octobre 2007

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DÉCLARATION DE LA COMMISSION EXÉCUTIVE CONFÉDÉRALE|]

La Commission Exécutive Confédérale de la CGT Force Ouvrière souligne le succès de la grève du 18 octobre dans les entreprises publiques concernées par les régimes spéciaux, mouvement qu’elle avait soutenu.

Elle confirme son soutien aux fédérations Force Ouvrière concernées qui n’acceptent pas, notamment, le passage de 37,5 ans à 40 ans. Elle affirme que la précipitation avec laquelle le gouvernement veut traiter la question relève de l’idéologie et de la volonté de remettre en cause l’ensemble des droits des salariés, tous secteurs confondus, en 2008.

La Commission Exécutive apporte également son soutien aux fonctionnaires qui seront en grève et manifesteront le 20 novembre prochain pour le pouvoir d’achat, les effectifs, leur statut et le service public.

Sur tous ces mouvements, la Commission Exécutive demande aux unions départementales d’apporter le soutien interprofessionnel aux fédérations Force Ouvrière dans l’action.

Suite à la conférence sur l’emploi et les revenus du 23 octobre, la Commission Exécutive dénonce le refus des pouvoirs publics de prendre en compte la priorité du pouvoir d’achat en renvoyant certaines dispositions, au mieux, au printemps 2008.

L’absence ou l’insuffisance des augmentations générales de salaires, la montée des prix (loyers, services, énergie, cantines, alimentation, franchises médicales, etc.) rendent prioritaires l’augmentation du pouvoir d’achat des salaires.

Face à l’ensemble des menaces qui pèsent sur les salariés, la Commission Exécutive met en garde le gouvernement, en particulier sur le pouvoir d’achat, l’assurance maladie et les retraites.

La Commission Exécutive décide de lancer une campagne sur l’augmentation du pouvoir d’achat des salaires et retraites ayant pour objectif de déboucher dans un premier temps sur des manifestations interprofessionnelles.