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Accueil du site / Force Ouvrière / Confédération / PACTE ET LIAISONS DANGEREUSES

Le « pacte de responsabilité », annoncé par le chef de l’État en personne le 14 janvier dernier, a été abondamment commenté. La presse y a vu des liaisons que certains jugent dangereuses.

Le Nouvel Observateur La séduction de l’outre-Rhin était déjà perceptible : « Déjà soupçonné lors de la première visite de la chancelière à Paris, en décembre dernier, de se "merkeliser", tandis que la dame de fer, en acceptant un salaire minimum, se "hollandisait", le président français, convaincu désormais de la supériorité de la politique de l’offre, aurait jeté aux orties le vieux collectivisme guesdien. Pour épouser officiellement l’économie sociale de marché. » Les bans sont désormais publiés.

La Tribune Pourtant tout n’est pas officialisé, si l’on en croit un professeur de l’École supérieure de commerce de Paris (ESCP Europe), qui y voit une liaison cachée, le chef de l’État ayant « jugé bon d’esquiver Blair. Pourtant, son socialisme est plutôt proche du "socialisme de marché" de Blair, un social-pragmatisme qui faisait dire à Blair qu’il n’y a pas de politique économique de gauche et de politique économique de droite ». En bref, il a Tina (acronyme de There Is No Alternative) dans la peau.

Le Figaro Avec des formes et réformes au visage allemand : « Hollande semble placer beaucoup d’espoirs dans la diminution du nombre des Régions, interlocutrices privilégiées par la Commission européenne lors de la répartition des fonds structurels européens. Sans être nommé, l’exemple des seize Länder allemands est bien sûr présent à son esprit. Verra-t-on donc bientôt la Haute et la Basse-Normandie fusionner, l’Auvergne et Rhône-Alpes convoler, le Limousin et Poitou-Charentes s’unir ? » Des mariages forcés ? Heureux ?

Le Monde Il y a les tentations françaises : « Ravi des annonces économiques de François Hollande, Pierre Gattaz estime également en être l’inspirateur. Vendredi, le patron du MEDEF a assuré qu’il avait apporté le pacte de responsabilité "sur un plateau" au président de la République. Selon le patron des patrons, le chef de l’État s’est inspiré du "pacte de confiance" qu’il lui avait présenté en novembre. »

Libération Confiance... certains se sentent trahis, voire déçus : l’économiste keynésien Paul Krugman, nobélisé en 2008, « s’en prend vivement aux nouvelles orientations économiques du chef de l’État ». D’autant plus qu’en novembre 2013 il avait salué son choix « d’équilibrer son budget en relevant les impôts au lieu de sabrer dans la protection sociale ». Las, la « conférence de presse de François Hollande le plonge dans un profond sentiment "de désespoir". Car en reprenant littéralement à son compte l’erreur pourtant depuis longtemps démystifiée de Jean-Baptiste Say, selon laquelle "c’est l’offre qui crée la demande", le chef de l’État adopte, selon Krugman, une doctrine discréditée ». À défaut de crédit, le discrédit.