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Accueil du site / Force Ouvrière / Confédération / LA DIRECTION CONDAMNE LES URGENCES DE L’HÔTEL-DIEU

O s’oppose à la fermeture programmée des urgences de l’établissement parisien, emblématique de la logique comptable à l’œuvre avec la politique de réduction des déficits publics.

Faire de l’Hôtel-Dieu à Paris un « hôpital sans lits » (sic) d’ici à fin 2013 : tel est le projet décrié, défendu par la direction de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Alors que certains services, comme la chirurgie thoracique ou la pneumologie, ont déjà déménagé vers d’autres établissements de la capitale, la direction a confirmé à la mi-mai que le service des urgences serait transféré vers l’hôpital Cochin le 4 novembre prochain. Son projet : installer dans les locaux de l’hôpital un centre de recherche, les locaux administratifs de l’AP-HP, un musée et une maison médicale ouverte 24h/24 destinée aux « urgences bénignes ». Pour le syndicat FO de l’AP-HP, la décision de fermer les urgences de l’Hôtel-Dieu « aura immanquablement un impact désastreux par l’engorgement des sites d’accueil d’urgences et d’hospitalisation alentour, aujourd’hui dans l’incapacité de répondre au flux de patients qui ne pourront plus être pris en charge à l’Hôtel-Dieu ». L’établissement, situé au cœur de Paris, sur l’Île de la Cité, rayonne sur neuf arrondissements, soit 370.000 personnes, auxquelles viennent s’ajouter des centaines de milliers de touristes. Son service d’urgences accueille environ 43.000 patients par an.

« Il n’est pas trop tard pour bloquer cette décision », indique le syndicat Force Ouvrière AP-HP, mobilisé depuis des mois, avec d’autres organisations, pour la défense de l’Hôtel-Dieu, via des rassemblements ou la signature de 20.000 pétitions.

PAS TROP TARD POUR BLOQUER LA DÉCISION

De son côté, la Fédération FO des Services publics et de Santé (SPS FO) accuse la logique comptable de la politique de réduction des déficits publics. Elle note que « la fermeture des urgences de l’Hôtel-Dieu et plus généralement la situation catastrophique des services s’inscrivent dans la poursuite de la suppression de milliers de lits d’hospitalisation engagée depuis des années ».

Fin avril, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, avait annoncé un dispositif visant à mieux gérer les lits à l’hôpital, afin de désengorger les urgences dans cent cinquante établissements. Le projet consiste à créer des postes de « gestionnaires de lits d’aval », chargés d’orienter les patients après leur passage aux urgences et de recenser les places disponibles pour les accueillir. « Nous verrons au cas par cas si des [créations de] postes doivent êtres envisagées ou [si] des réorganisations […] sont la voie la mieux adaptée », a indiqué la ministre. Le projet n’a pas convaincu les syndicats, loin de là. « Le ministère n’a pas entendu les demandes réitérées des urgentistes de pouvoir disposer de lits d’aval en nombre suffisant, indique Olivier Varnet, Secrétaire général du Syndicat national des médecins hospitaliers FO. La solution passe par l’augmentation des effectifs médicaux et non médicaux dans les services d’urgences. » C’est aussi ce que disent en substance les organisations syndicales FO, CGT, CGC, SUD, le syndicat des médecins hospitaliers SNMH et l’association d’urgentistes AMUHF dans un communiqué commun du 17 mai.

Alors que la ministre de la Santé entend poursuivre les discussions sur le « pacte de confiance », autrement dit la refondation de l’hôpital public, ces organisations réclament avec véhémence l’ouverture de « vraies négociations ». Elles revendiquent aussi le maintien des urgences de l’Hôtel-Dieu à Paris.