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Accueil du site / Force Ouvrière / Confédération / SELON L’INSEE, UNE CROISSANCE « QUASI NULLE » JUSQU’EN JUIN

L’Institut confirme aussi un chômage record. Son analyse de la situation française s’inscrit dans le contexte économique mondial.

« Le taux de chômage devrait poursuivre sa hausse pour atteindre 10,6% de la population active en métropole mi-2013 et 11% avec les départements d’outre-mer », prévoit l’INSEE dans sa note de conjoncture publiée le 21 mars. Plus loin, l’Institut national de la statistique et des études économiques précise : « Si ces prévisions se vérifiaient, le record absolu de chômage, enregistré en 1994 et 1997, serait dépassé. » Cédric Audenis, chef du département de la conjoncture, explique ce niveau élevé comme une « conséquence directe de l’absence de croissance », l’économie française étant confrontée à une croissance « quasi nulle » pendant toute la première moitié de 2013, donc jusqu’en juin.

Dans cette note de plus de cent cinquante pages, l’INSEE inscrit la situation économique de la France dans un contexte mondial et, bien sûr, européen. « Dans les économies avancées, est-il écrit, les politiques monétaires restent accommodantes [...]. Cependant, dans la zone euro, les difficultés perdurent : le fonctionnement du marché monétaire n’a pas été totalement normalisé, les conditions d’octroi de crédit ne s’assouplissent pas. Le crédit continue par conséquent d’y reculer. » Un recul qui entre dans cet autre élément de conjoncture : « Au quatrième trimestre 2012, l’activité dans la zone euro s’est fortement contractée (-0,6% après -0,1%). »

ET L’ALLEMAGNE ?

Cette évolution n’est évidemment pas étrangère à l’explosion du chômage en France où, indique l’Institut, l’emploi marchand, dans l’industrie en particulier, « continuerait de pâtir de la faiblesse de l’activité et son repli se poursuivrait... ». Ainsi, 74.000 postes devraient y être supprimés au premier semestre 2013, après 91.000 au second semestre 2012.

Mais alors, demande l’INSEE, « pourquoi le chômage a-t-il continué de baisser en Allemagne après 2007 ? ». Et de répondre :« Les facteurs structurels de baisse du chômage (modération salariale à partir de 1996, amélioration du suivi des demandeurs d’emploi, durcissement de l’indemnisation chômage) sont largement intervenus avant 2005. Si la modération salariale a cependant pesé sur la demande intérieure de l’Allemagne, la demande extérieure a pris le relais. » Cela confirme le « dumping social », ces facteurs structurels créant une concurrence déloyale envers ses voisins, malgré l’Union européenne.

Cependant, outre-Rhin et toujours selon l’Institut, « cette performance sur le front de l’emploi a un revers. Elle s’est faite en partie via la création d’emplois à temps partiel ou très partiel, ce qui a conduit à un accroissement des inégalités salariales. En outre, le durcissement des conditions d’indemnisation, conjugué à un nombre très élevé de chômeurs de longue durée, a conduit à une forte augmentation du taux de pauvreté des chômeurs ». Le revers est même double, contre les salaires et contre les chômeurs.