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Malgré le nombre croissant de critiques émanant de différents bords, l’Union européenne reste le royaume de l’austérité, où les économies, même si elles n’en meurent pas toutes, sont toutes touchées, calant ou toussant, fortement grippées. Les bulletins de santé à travers la presse ne rassurent pas.

Les Échos

Pourtant, « dix ans après sa cure d’austérité, les doutes de l’Allemagne » ne se cachent plus. « Alors que ses voisins tentent de s’inspirer de ses réformes pour surmonter la crise, l’Allemagne en tire un bilan plus mitigé. Pour beaucoup, l’Agenda 2010 a accru les inégalités. Alors que les revenus des riches ont augmenté, ceux du bas de l’échelle ont baissé. Un exemple : les 7 millions de “minijobs” ne sont rémunérés pour la plupart qu’entre 200 et 250 euros par mois, pour une durée de travail normale. Souvent, l’État est obligé de verser un complément. En d’autres termes, l’État subventionne des emplois à bas salaires au bénéfice des entreprises, qui profitent d’une main-d’œuvre bon marché. Cela part d’une logique louable, voulant qu’une personne au travail sera plus heureuse qu’un chômeur restant chez lui. » La rigueur, c’est le bonheur.

La Dépêche

Pas pour tout le monde apparemment. Comme en France, dans une « armée sous le feu de la rigueur ». On saigne le grand corps malade : « Des élus de droite et de gauche, ainsi que des militaires, se sont déjà alarmés des coupes drastiques susceptibles d’affecter le budget 2014 et qui pourraient se traduire par la suppression de dizaines de milliers d’emplois, l’arrêt de programmes d’armement, voire par l’affaiblissement de la dissuasion nucléaire. » Amaigri, on se défend moins bien.

Le Figaro

Pour éviter d’être à l’arrêt de rigueur, « la France, quant à elle, négocie d’arrache-pied un an de délai pour revenir sous les 3% de déficit. “Il y a une grande convergence de vues, a assuré François Hollande. L’objectif est de rendre compatible la discipline budgétaire avec la perspective de croissance”. “La consolidation financière, les réformes structurelles et la croissance vont de pair”, lui a répondu Angela Merkel ». Bref, l’austérité, c’est la santé.

Le Monde

Tout va bien, Fraulein : « L’Europe compte près de 26 millions de chômeurs, dont beaucoup de jeunes. Dans les pays du Sud, le chômage atteint des niveaux inconnus depuis les années 1930. Partout, l’État-providence régresse, le nombre de sans-emploi progresse. Fierté des Européens, le filet de protection sociale s’effiloche. On rabote la dépense publique, on taille dans les effectifs des fonctionnaires, mais on augmente les impôts. L’ennemi, l’obsession, la cible prioritaire, c’est le déficit. Le rouleau compresseur de l’austérité pèse sur la conjoncture. Économique d’abord : l’Europe est le seul continent au monde aujourd’hui en récession ou en quasi récession –même le champion allemand est touché. » Saignons-nous les uns les autres...