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Accueil du site / Force Ouvrière / Confédération / ASSISES DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR : AUTONOMIE ET DÉFICIT BUDGÉTAIRE CONFIRMÉS

Après avoir promis de remplacer la loi LRU, la ministre Fioraso préfère la corriger. Pourtant, la moitié des 85 universités sont dans une situation alarmante.

Les Assises nationales de l’Enseignement supérieur et de la Recherche se sont tenues les 26 et 27 novembre au Collège de France. Ouvertes par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, elles devaient notamment se pencher sur la loi d’orientation pour la recherche de 2006 et la loi sur l’autonomie des universités de 2007, la fameuse LRU, autant contestée par les universitaires qu’imposée par Nicolas Sarkozy.

En arrivant au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso avait annoncé une nouvelle loi-cadre pour « remplacer la loi LRU ». Cela semblait d’autant plus logique qu’entre-temps, dix-sept universités accusaient un déficit, dix-neuf cette année. Et dans ces cas-là, ces dernières passent sous la coupe des recteurs, qui fixent alors les budgets.

L’AUSTÉRITÉ POUR LES CHERCHEURS

Ces questions ont été abordées par les Assises, mais sans plus. Le rapporteur général, Vincent Berger, va notamment proposer à François Hollande, en vue d’un projet de loi pour le premier semestre 2013, « de consolider les comptes financiers des différents établissements sur un site, de manière à pouvoir enfin évaluer, sincèrement –au sens de la sincérité du comptable– l’argent public qui est dépensé ». Il est lui-même président de l’université Paris 7 Diderot. Comme elle accuse un déficit de 2,6 millions d’euros et pour retrouver l’équilibre à la fin de l’année, Vincent Berger a décidé de réduire... le financement des contractuels, des assistants, de la formation continue. C’est bien ce que dénonce le Syndicat national des personnels de la Recherche et de l’Enseignement supérieur : « le transfert de la masse salariale aux établissements, ainsi que les cotisations sociales », disposition phare de la LRU. Pour limiter les déficits, dit FO, « les établissements sont contraints de prendre des mesures d’austérité » contre les chercheurs et l’ensemble des personnels.

Dans une interview donnée par Mme Fioriso au journal Le Monde du 2 juin dernier, à la question : « Reviendrez-vous sur l’autonomie des universités ? », elle répond : « Absolument pas. » On comprend mieux ces Assises où la ministre a expliqué : « Notre objectif politique est de doter le pays d’un nouvel agenda de la Recherche pour faire face aux enjeux sociétaux du XXIe siècle et relever les défis de compétitivité. » La précédant à la tribune du Collège de France, M. Ayrault avait demandé que « les Assises s’emparent du pacte de compétitivité pour en tirer la matière d’un agenda stratégique de la recherche ». Pour l’instant, ce pacte se résume au CICE, Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, 20 milliards offerts aux entreprises. « Innover, aller de l’avant, a-t-il encore déclaré, c’est aussi développer des formes plus efficaces de transmission du savoir en dehors de l’université, vers le monde des entreprises. » Une vieille demande du patronat.


VERS UNE RÉFORME DE LA PREMIÈRE ANNÉE DE LICENCE ?

En conclusion des Assises nationales de l’Enseignement supérieur et de la recherche, le ministre, Geneviève Fioraso, parlait de consensus. FO n’en est pas et rejette pour commencer la proposition 4 du comité de pilotage –il en a présenté 121– qui veut « réformer la licence grâce à un cadrage national des diplômes permettant une spécialisation disciplinaire progressive, pouvant débuter par une première année consacrée aux études dans un grand champ disciplinaire ». L’arrêté licence de l’ex-ministre Valérie Pécresse, déjà, a inventé une licence fondée sur les compétences, elles-mêmes définies avec les professionnels, c’est-à-dire le patronat. À l’époque, IUT et BTS avaient échappé au dispositif, continuant à être des formations professionnelles avec des programmes nationaux reconnus dans les conventions collectives. Pour combien de temps ?

LES COMPÉTENCES RECALÉES

Au nom de « la lutte contre l’échec », Mme Fioraso a mis l’accent sur l’orientation –une rengaine– qui, a-t-elle dit, « se joue en réalité en amont du baccalauréat ». Et de préciser : « Avec Vincent Peillon, nous travaillons à la mise en place d’un système qui commence dès le lycée, “- 3, + 3”. » Mais cela soulève immédiatement une question : quel avenir pour le baccalauréat, diplôme dont la double particularité est de sanctionner la fin des études secondaires et de donner accès à l’enseignement supérieur ?