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Accueil du site / Force Ouvrière / Confédération / FLORANGE : LE GOUVERNEMENT NE VEUT PLUS DE LA NATIONALISATION

Revenant sur son engagement, le gouvernement a préféré pactiser avec le géant de l’acier. Même si ce patron n’a jamais tenu ses promesses.

Cacophonie, scepticisme et amertume, c’est ainsi que Jean-Claude Mailly a résumé, le 2 décembre, dans Le Journal du Dimanche, son ressenti sur le dossier Florange. Au final, ce sont les salariés qui sortent trahis de ce feuilleton à multiples rebondissements.

Pour améliorer sa rentabilité, ArcelorMittal avait annoncé, le 1er octobre, son intention de stopper la fabrication d’acier brut sur le site mosellan pour ne conserver que la transformation en produits industriels élaborés. Au passage, le numéro un mondial du secteur supprimait 629 emplois sur un total de 2.800.

Après négociations, le géant de l’acier a accepté l’idée de céder les deux hauts-fourneaux, en sommeil depuis déjà plus d’un an. Il a laissé soixante jours au gouvernement pour dénicher un repreneur.

À quelques jours de la date couperet, le gouvernement, ne trouvant pas de candidat pour une reprise partielle du site, a mis la pression sur Lakshmi Mittal, le patron indien du groupe, pour qu’il cède la totalité de l’activité. Pour lui forcer la main, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a même assuré, le 28 novembre, aux syndicats que le gouvernement était prêt à nationaliser temporairement le site pour le céder ensuite à un repreneur. Un mystérieux industriel aux reins solides était prêt à investir 400 millions d’euros à Florange.

FO, qui bataille depuis dix-huit mois pour le maintien du site dans son intégrité et qui avait déjà soumis l’idée d’une nationalisation à François Hollande, ne pouvait que se réjouir de cette porte de sortie. Mais le bras de fer a fait pschitt. Après une rencontre avec le président et le Premier ministre, un accord a été finalement passé avec Lakshmi Mittal le 30 novembre au soir.

LE DÉSARROI DES SALARIÉS

D’après Jean-Marc Ayrault, ce dernier s’est engagé à ne procéder à aucun plan social et à investir 180 millions d’euros sur le site dans les cinq ans à venir. Le géant de l’acier aurait également promis de conserver les hauts-fourneaux en état de fonctionnement dans l’attente du démarrage d’Ulcos. Ce projet européen, qui prévoit de produire de l’acier en émettant deux fois moins de CO2, permettrait à Florange de gagner en productivité. Mais depuis samedi, Mittal garde un silence inquiétant sur ce point. Et pour cause. L’industriel se serait simplement engagé à étudier le dossier Ulcos, selon Arnaud Montebourg.

Pour les salariés qui commençaient à reprendre espoir, cette troisième voie a provoqué un désarroi et une immense déception. « Le gouvernement démontre une nouvelle fois ses limites d’intervention, dénonce FO Métaux dans un communiqué. La sidérurgie est prise en otage avec le monopole du groupe Mittal, qui dicte sa loi et ses prix. »

La fédération FO n’a aucune confiance en Mittal. « Il ne tient pas ses promesses, réagit Frédéric Souillot, secrétaire fédéral chargé de la sidérurgie. Lors de la fermeture du site de Gandrange, il avait promis 320 millions pour Florange, on n’en a jamais vu la couleur. »

Le Premier ministre devait rencontrer l’intersyndicale le 5 décembre. FO a réclamé de connaître l’intégralité de l’accord avant la réunion. « En cas de garanties non suffisantes [...] pour les salariés concernés, FO métaux demandera au gouvernement de revoir sa position et de prendre toutes ses responsabilités [...]. Il ne doit céder à aucun chantage », a prévenu la fédération.