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Accueil du site / Force Ouvrière / Confédération / « LA RETRAITE FAVORISE L’AUGMENTATION DE L’ESPÉRANCE DE VIE »

FO Hebdo : En quoi le droit à la retraite a-t-il favorisé l’augmentation de l’espérance de vie des salariés ?

Philippe Pihet : Historiquement, le droit à la retraite a favorisé l’augmentation de l’espérance de vie simplement par son application . Il faut se souvenir qu’au XIXe siècle, en Allemagne, déjà pays de référence…, la retraite a été instituée par Bismarck. Celui-ci avait alors demandé à ses conseillers quel était l’âge moyen de décès et il lui avait été répondu 65 ans. Le chancelier avait alors arrêté l’âge du droit à la retraite à 65 ans ! Ce qui est resté dans l’Histoire sous la formule « la retraite des morts ». Au-delà de cet épisode, le droit à la retraite favorise l’augmentation de l’espérance de vie, tout simplement parce que les salariés ne sont plus obligés de travailler pour subvenir à leurs besoins, ils ont une pension de retraite.

FO Hebdo : Est-ce s’attaquer aux droits des salariés que d’évacuer la notion « d’espérance de vie en bonne santé » de tout débat sur une réforme des retraites ?

Philippe Pihet : Juridiquement, on ne peut pas parler d’attaque des droits par rapport à l’espérance de vie en bonne santé, puisque cette notion n’est pas prise en compte dans les paramètres de liquidation. En revanche, sur le plan revendicatif, l’espérance de vie en bonne santé, sur laquelle FO avait attiré l’attention en 2010, se traduit par le combat que nous menons sur les conditions de travail, l’organisation du travail ou encore les risques psychosociaux. Sous cet aspect, on peut considérer, pour les hommes comme pour les femmes, que la « limite » de l’espérance de vie en bonne santé est presque identique à l’âge moyen de liquidation de sa retraite.

FO Hebdo : Est-ce inéluctable de travailler toujours plus longtemps puisque l’on vit plus longtemps, ainsi que l’affirme la réforme des retraites de 2010 ?

Philippe Pihet : Les pouvoirs publics, au fil des contre-réformes de 1993 à 2010, ont choisi leur camp : conformément au souhait du patronat, seuls les paramètres âge et durée de cotisation ont été bougés. Alors que si l’on fait jouer également le paramètre cotisations, il n’est pas du tout inéluctable de reculer l’âge légal ou l’âge du taux plein.