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Accueil du site / Force Ouvrière / Confédération / LE FUTUR REPRENEUR NE VA PAS FAIRE DANS LA DENTELLE

Alors que se profilent le licenciement de 250 personnes et la fermeture de la dernière usine de la marque en France, FO exige du gouvernement qu’il trouve des solutions pour tous avec l’ouverture d’un plan exceptionnel d’accès aux préretraites.

« Plus de 32 ans à appuyer sur la pédale, un chrono dans le dos et pour finir nous sommes virées à coups de pied dans le c… ! ». L’explosion de colère mercredi de cette ouvrière de l’usine Lejaby (Yssingeaux, Haute-Loire) vouée à disparaître pourrait résumer à elle seule le drame social qui attend les salariées du fabricant de lingerie féminine.

À la suite d’une décision du tribunal de commerce de Lyon, l’entreprise va en effet être cédée pour un euro symbolique à un consortium piloté par Alain Prost, ex-PDG de La Perla, et un fonds d’investissement italien Fiduciaria San Babila. Vu leur projet de relance, ceux-ci ne vont pas faire dans la dentelle ! Toute la production de Lejaby sera délocalisée vers des pays low coast, c’est-à-dire transférée à des sous-traitants qui en contrôlaient déjà plus de 93%. Ainsi, sur les 450 salariés, les repreneurs ne comptent en conserver que 195 en se repliant sur le siège de Lejaby à Rillieux-la-Pape (Rhône). La seule usine de la marque basée encore en France – Yssingeaux (90 salariées) – sera purement et simplement fermée après le lancement du plan social.

Le démantèlement progressif de Lejaby a démarré en 1996 après la mort de son PDG historique (Maurice Bugnon). La société avait été alors reprise par un groupe américain (Warnaco) qui n’a eu de cesse de tailler dans les effectifs sous la pression des actionnaires, notamment sur la période 2002/2008 où quatre de ses usines ont été fermées. Warnaco a ensuite revendu l’affaire pour 45 millions d’euros au fonds d’investissement autrichien Palmers, qui va à son tour supprimer trois autres sites de production en France (2010). Après un dernier dégraissage (200 emplois supprimés) et la fonte de 80 à 40 millions d’euros du chiffre d’affaires, tout cela a conduit au dépôt de bilan par Palmers et la liquidation judiciaire prononcée par le tribunal de commerce de Lyon. « Cette politique de casse sociale a entraîné le licenciement de plusieurs centaines de salariés uniquement pour répondre à des exigences de rentabilité toujours plus fortes. Et ce au détriment du développement industriel de l’entreprise », dénonce Pascal Samouth, secrétaire général de l’Union départementale FO de la Haute-Loire.

« En laissant faire chez Lejaby, comme ils l’ont fait ailleurs, les pouvoirs publics ont une lourde responsabilité. Au lieu de verser des larmes de crocodiles sur le manque de compétitivité de la France, nos dirigeants politiques feraient mieux de s’atteler à stopper l’hémorragie dans notre industrie », tonne Pascal Samouth. L’organisation syndicale « exige maintenant que le gouvernement trouve de suite des solutions pérennes pour l’ensemble des salariées laissées sur le carreau, en particulier à Yssingeaux. Et qu’il mette en place un plan exceptionnel d’accès aux préretraites » étant données les difficultés de reclassement dues à une moyenne d’âge très élevé (plus de 52 ans, ndlr) ». FO réclame également un plan de création d’emplois dans cette commune de 7.000 habitants où il n’y aura plus aucune industrie après la fermeture de Lejaby.