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Accueil du site / Force Ouvrière / Confédération / "Personne ne doit échapper à l’impôt sur le revenu"

Le patron de Force Ouvrière, reconduit samedi, s’inquiète des projets de réforme fiscale.

Vous venez d’être reconduit pour un troisième mandat à la tête de FO. Alors content ?

Jean-Claude Mailly : Oui. Je suis satisfait des orientations du congrès, qui ont été largement adoptées. Mais également des possibilités de développement de la syndicalisation, qui faisait l’objet d’une résolution spéciale. Le congrès nous a donné un mandat pour « booster » la syndicalisation, qui est en voie de progression, et a voté une boîte à outils pour permettre aux instances de fluidifier nos modes de fonctionnement. Nous allons y travailler dès la semaine prochaine.

Pendant le congrès, vous avez matraqué l’axe CGT-CFDT, c’est la guerre entre vous ?

Non. À Lille, lors du congrès de 2007, nous n’avons pas parlé des autres syndicats. À Montpellier si, car la première partie des débats était consacrée à l’activité de ces trois dernières années. Or pendant cette période, il y a eu à mon sens deux points-clés sur le plan syndical, la réforme de la représentativité syndicale et la réforme des retraites. C’était normal qu’il y ait eu des désaccords entre les syndicats et tout au long du congrès il y a eu des critiques assez fortes sur les comportements de la CGT et de la CFDT.

Vous avez exhorté les militants à se battre et à négocier. Il y a urgence pour FO ?

Pour les délégués présents au congrès, l’urgence c’est la défense de la "république sociale". Le congrès a validé la résolution générale qui porte d’ailleurs ce titre. Cette république sociale repose sur trois piliers : les services publics - qui sont remis en cause avec la révision générale des politiques publiques (RGPP), les régimes de protection sociale collectifs et la hiérarchie des normes, avec la primauté des conventions collectives dans le privé et le statut dans la fonction publique. La mort du bouclier fiscal est annoncée et le débat sur la réforme du patrimoine engagé.

Faut-il supprimer l’ISF ou revoir la politique fiscale ?

Je rappelle que la politique fiscale a deux rôles : assurer un ensemble de mesures pour que notre société fonctionne et contribuer à la réduction des inégalités. Aujourd’hui, notre système fiscal est très inégalitaire. En dix ans, les différentes mesures prises représentent environ 100 milliards d’euros de recettes en moins pour le budget de l’État. Et, plutôt que de faire des mesurettes fiscales, le temps est venu d’une remise à plat du système. Cette nouvelle politique fiscale doit avoir comme colonne vertébrale la reconstitution d’un impôt sur le revenu progressif, auquel personne ne doit échapper. Après, on pourra regarder le reste, y compris les questions de TVA. Aborder la question de la fiscalité avec l’ISF est un mauvais angle d’attaque.

L’emploi des jeunes fait l’objet d’une négociation entre les partenaires sociaux. Que faut-il faire en priorité ?

Plus généralement, je rappelle que la question de l’emploi dépend avant tout de la politique économique. Aujourd’hui, le gouvernement mène une politique d’austérité qui pénalise l’emploi. Pour les jeunes, nous sommes partisans de trouver des résultats concrets, dans le cadre de la négociation engagée avec le patronat sur un certain nombre de thèmes, comme le logement, les stages, la mobilité ou le tutorat. Pour ce qui relève de la responsabilité des pouvoirs publics, comme l’apprentissage, nous ne sommes pas opposés aux annonces du président de la République, même si la barre du million de jeunes en apprentissage me semble un peu haute. En tout cas, j’espère que le patronat fera preuve de réalisme et de solidarité.

Quand serez-vous reçu par Nicolas Sarkozy ?

Je le rencontre début mars. Je lui ferai part des analyses du congrès et lui parlerai de la république sociale que nous défendons. J’évoquerai également avec lui les questions européennes et le G20. Je lui indiquerai notamment que nous sommes totalement opposés au projet de l’axe franco-allemand d’inscrire dans la Constitution la réduction des déficits.

Source-20110222]