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Accueil du site / Force Ouvrière / Confédération / UNE GRÈVE S’IMPOSE

Les annonces sur l’emploi du président de la République la semaine dernière ne sont pas de nature à enrayer la crise. Elles sont de deux ordres : celui du curatif et celui de la déréglementation. Dans l’ordre du curatif, il s’agit d’étendre le CTP (Contrat de transition professionnelle) et de redévelopper les contrats aidés (+100.000 en 2009) après les avoir fortement réduits.

Ces mesures ne seront pas suffisantes. Il convient également de remettre sur pied un dispositif de préretraite et de relever le niveau d’indemnisation du chômage partiel, surtout au moment où les premiers plans de licenciements se multiplient (Renault, Camif, etc.).

Les autres mesures dites pour l’emploi relèvent des schémas anciens et dangereux de la déréglementation : extension du travail le dimanche, déréglementation de la durée du travail, décalage à 70 ans pour la retraite, assouplissement annoncé du CDD sous l’angle « il vaut mieux avoir un CDD qu’être chômeur », ce qu’on nous disait en 2006 pour le CPE et le CNE. Comme si l’augmentation du chômage était liée à la rigidité des contrats de travail et non à la crise du système !

Il y a enfin la pression inacceptable sur les négociations interprofessionnelles, pression telle qu’elle tend maintenant à compromettre la liberté de négociation. En quelque sorte, on veut des syndicats forts à condition qu’ils fassent ce qu’on leur demande.

Et toujours rien sur la nécessité d’une politique économique dynamique, axée sur la relance de la demande, sur des travaux d’infrastructure, sur une stratégie industrielle, autant d’éléments indispensables qui nécessitent un engagement clair et déterminé des pouvoirs publics, plus prompts à essayer de contrer les aspects financiers de la crise que ses impacts sociaux.

Pour toutes ces raisons, il convient de resouligner la nécessité d’agir sur le plan interprofessionnel par une action commune, claire et déterminée, sous la forme d’une journée de grève interprofessionnelle, comme l’a rappelé notre récent Comité confédéral national.

Le lundi 3 novembre, le président de la République aura consulté les cinq confédérations françaises sur la situation internationale, notamment avant le G20 qui se tiendra à Washington le 15 novembre.

En ce qui concerne Force Ouvrière, nous lui aurons rappelé que la crise est une crise du système capitaliste, que le mouvement syndical international l’avait quasiment annoncée et qu’il avait suggéré, sans être entendu, des politiques coordonnées de relance budgétaire et d’assouplissement monétaire. Comme revendication, nous aurons notamment mis l’accent sur :

– des mesures d’urgence pour lutter contre la faim et la pauvreté (le BIT prévoit 20 millions de chômeurs supplémentaires et 40 millions de travailleurs pauvres en plus) ;

– renforcer le rôle des organismes internationaux (FMI – Banque mondiale – OMC) pour imposer comme critères le respect des droits de l’homme, des principes démocratiques et des normes internationales du travail. Il faut, en quelque sorte, renverser la vapeur ;

– la suppression des paradis fiscaux et du secret bancaire, avec dans une première étape des taxes dissuasives ;

– une taxation plus forte des profits allant aux dividendes qui ne cessent d’augmenter depuis vingt ans ;

– une politique concentrée de relance des salaires et de plafonnement des salaires des dirigeants ;

– une série de règles concernant les établissements financiers, ainsi qu’un contrôle de ces règles par les pouvoirs publics.

À l’origine de la crise figure comme élément essentiel la répartition de plus en plus inégalitaire des richesses produites. La part croissante qui est allée aux actionnaires (les dividendes ont triplé de voulume en France en vingt-cinq ans) en vingt-cinq ans) est venue supplanter celle allant aux salaires et aux investissements. Cela a conduit à accroître l’endettement et à restreindre partout les dépenses publiques et sociales, et à accélérer la déréglementation pour accroître la compétitivité afin de répondre à l’appétit des actionnaires.

Il faut mettre fin au « toujours plus pour les actionnaires ».

La revendication n’est pas nouvelle (les salaires avant la Bourse), mais elle est aujourd’hui d’une nécessité et d’une acuité criante.