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Accueil du site / Force Ouvrière / Confédération / Deux poids, deux mesures

Alors que le Congrès américain a fini par voter le plan Paulson (+700 milliards de dollars) nul ne peut aujourd’hui affirmer qu’il sera de nature à calmer la crise. Les deux candidats à la présidence américaine qui ont voté ce plan l’ont d’ailleurs fait du bout des doigts et en ont fait une analyse critique, compte tenu de son coût pour les contribuables et de l’absence de mesures en termes de logement et d’emploi. En un mois l’économie américaine a perdu 159 000 emplois.

En Europe, la réunion à Paris des quatre pays européens membres du G8 (France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni) en présence des présidents de l’Eurogroupe et de la Banque centrale européenne n’a pas dégagé de plan global de relance tant les positions des uns et des autres divergent. Ils ont posé quelques principes à destination des autres pays européens et non européens, annoncé que chaque État soutiendra ses banques en difficulté, qu’il faudra sanctionner les « dirigeants fautifs », qu’il faudra contrôler tous les intervenants sur les marchés et qu’il faudrait refonder la finance mondiale.

S’agissant du sacro-saint pacte de stabilité et de croissance qui a, avec le principe de libre concurrence, joué un rôle de corset social et économique, il s’agit seulement de l’appliquer avec un peu de souplesse, comme cela est d’ailleurs prévu depuis 2005 en cas de circonstances exceptionnelles.

En France, les décisions annoncées concernent essentiellement les établissements financiers (aide à Dexia), les crédits aux PME (22 milliards d’euros), les parachutes dorés (sur le ton de « retenez-moi ou je vais faire un malheur ») et une annonce encore ambiguë sur le logement.

Ce qu’il faut constater et dénoncer c’est que rien, tant aux États-Unis qu’en Europe ou au niveau national, n’est fait en direction des travailleurs.

Certes, protéger les épargnants est utile, mais ils le font surtout pour éviter que ceux-ci ne se précipitent aux guichets. S’il est clair que les faillites bancaires et financières doivent être évitées compte tenu de leur répercussion sur l’économie réelle, il n’en reste pas moins qu’il sera nécessaire de socialiser les bénéfices et qu’il est indispensable de soutenir l’activité et l’emploi. Cela passe notamment par un soutien à la consommation (en France par les salaires, les retraites et la prime transport).

Tout comme il faut rapidement, au niveau national et européen, soutenir l’industrie et la recherche.

Il n’y aurait rien de plus grave que de soutenir les établissements financiers afin que tout puisse repartir comme avant.

Quand le marché échoue, il faut que les pouvoirs publics reprennent fortement l’initiative.

D’où la nécessité de revoir très rapidement en France le budget 2009.

L’austérité budgétaire est, de fait, le contraire de ce qu’il faut faire. C’est le moment de revoir aussi certaines dispositions, telles celles du bouclier fiscal, qui ont concerné les plus riches.

Une chose est sûre : quand on réclamait (proposition à l’appui) 12 milliards d’euros pour les retraites, on nous trouvait irréalistes. C’est pourtant une goutte d’eau par rapport à ce qui est engagé ces temps-ci. Deux poids, deux mesures : qui peut encore oser dire que la lutte de classe n’existe pas ?

edito de JC MAILLY - FO